Peut-on alterner croquettes et pâtée pour un chat ? Oui. Et non, ce n’est pas « le grand écart nutritionnel ». Bien fait, c’est même une façon simple d’allier plaisir, hydratation et routine. Le tout, sans transformer votre cuisine en laboratoire. Suivez le guide – avec, en bonus, quelques scènes de vie qui sentent le vécu.
Alterner, une bonne idée quand c’est réfléchi
La pâtée pour chat apporte surtout de l’eau et du parfum. Elle aide les chats qui boivent peu, limite le risque de calculs urinaires, et met du soleil dans la gamelle des petites truffes difficiles. Les croquettes pour chat sont pratiques, stables, faciles à doser, avec une densité énergétique utile pour les chats gourmands… ou ceux qui boudent vite la gamelle humide.
Contrairement aux idées reçues, les croquettes ne « brossent » pas vraiment les dents. Le vrai duo gagnant, c’est plaisir + hydratation, au service d’une alimentation mixte cohérente. La clé ? Une progression douce et des quantités maîtrisées.
« On a commencé la pâtée le soir pour Léon, qui faisait des cystites. Il boit plus… sans boire. Et il chante moins à 5h du matin. » – Camille, 12 ans de vie commune avec un tigré dominant
Les règles simples pour alterner sans casse
Changer, oui, mais pas au petit bonheur. Voici un mode d’emploi qui respecte l’estomac et les habitudes d’un chat.
- Transition progressive : sur 7 à 10 jours. On introduit 10-20 % de pâtée, puis on augmente doucement. Le microbiote du chat aime la routine.
- Stabilité des horaires : par exemple, pâtée le matin, croquettes le soir. Les chats aiment les scripts clairs.
- Quantité totale : on ne cumule pas, on redistribue. Si on ajoute 50 g de pâtée, on retire l’équivalent en calories de croquettes.
- Gamelles séparées et propres : humidité d’un côté, croquant de l’autre. L’odorat décide souvent du menu.
- Eau fraîche partout : même avec la pâtée, on propose fontaine ou bols multiples. Le chat est un buveur paresseux, pas un chameau.
En observant selles, appétit et humeur, vous saurez si le rythme convient. Un chat qui digère bien… se fait oublier après la gamelle.
Combien donner ? Des repères concrets
Un chat adulte de 4 kg a souvent besoin d’environ 180 à 220 kcal/jour (plus s’il sort, moins s’il fait sieste-chauffage). Les croquettes tournent autour de 350-450 kcal/100 g ; la pâtée autour de 70-100 kcal/100 g. Consultez l’étiquette, puis adaptez.
Exemples simples :
- Matin 60-80 g de pâtée + Soir 30-40 g de croquettes.
- Un jour sur deux : jour « humide » (2 repas de pâtée), jour « sec » (2 petits services de croquettes).
- Chat mince et actif : un peu plus de croquettes; chat sujet à l’embonpoint : un peu plus de pâtée, qui cale sans exploser les calories.
Gardez un repère visuel : épaules et côtes doivent se deviner sous une mince couche. Et pesez votre chat une fois par mois, toujours à la même heure.
Chats sensibles : adapter sans culpabiliser
Pour les chats à risque urinaire ou en insuffisance rénale, l’humide est souvent un allié, parfois indispensable. Pour les diabétiques, la régularité des repas et un profil pauvre en glucides comptent plus que la texture. En surpoids, la pâtée aide à la satiété. En pansements digestifs, on avance pas à pas, on évite les recettes « surprises ».
Si votre chat suit un aliment thérapeutique, demandez avant de mélanger. On peut alterner des gammes médicalisées entre elles, pas forcément avec tout et n’importe quoi.
« Mina vomissait dès qu’on changeait. On a étalé la transition sur 3 semaines, petite cuillère par petite cuillère. Depuis, elle réclame à 19h tapantes. » – Malik, complice d’une princesse tricolore
Estomac délicat : le plan douceur
Commencez par 1 cuillère de pâtée mélangée aux croquettes, puis 2, puis 3… Surveillez selles, gaz, appétit. Si ça coince, on revient à l’étape précédente 48 h. Un seul nouveau goût à la fois. Et on évite les montagnes russes: mieux une petite portion quotidienne qu’un grand bol une fois par semaine.
En pratique, ce qui compte vraiment
Oui, on peut alterner. Ce qui fait la différence, c’est la constance des horaires, la progressivité, et votre regard attentif. Le chat parle bas : il « dit » beaucoup avec sa litière, son poil, son envie de jouer après le repas.
Mon conseil de terrain : fixez un rituel simple (pâtée matin, croquettes soir), pesez les portions, notez sur 2 semaines l’appétit et les selles. Ajustez, sans dramatiser. Et célébrez ce petit moment à deux – gamelle posée, regard qui cligne, moustaches qui vibrent – c’est là que naît la confiance.

