Pelage et peau: le miroir du bol
Un pelage en bonne santé brille, glisse sous la main et ne sent presque rien. Quand la ration manque de protéines, d’acides gras ou de vitamines, la fourrure se met à parler faux.
- Pelage terne, gras ou « poussiéreux », parfois avec des pellicules.
- Poils cassants, mue anormalement abondante, petites zones dégarnies.
- Grattage plus fréquent, peau sèche ou irritée.
Si votre chat devient moins appliqué dans sa toilette, ce n’est pas par coquetterie: la fatigue et l’inconfort de la peau peuvent en être la cause.
Énergie et silhouette: ce que dit la démarche
La nourriture, c’est du carburant et du matériau. Quand ça manque, le corps arbitre.
- Perte de poids ou fonte musculaire sur les cuisses et le dos, même si l’appétit semble normal.
- Léthargie, jeu en baisse, siestes plus longues. Parfois irritabilité.
- Poitrine « pointue », hanches saillantes, dos qui se creuse: signes d’un déficit protéique.
Un chat qui ralentit sans raison n’est pas « juste posé »: il économise souvent ce qui lui manque.
Appétit, litière et petites manies
Le tube digestif est un excellent lanceur d’alerte. La litière, elle, fait le rapport.
- Diarrhée, selles molles, ou au contraire constipation et stries de mucus.
- Vomissements récurrents (pas seulement les boules de poils).
- Appétit capricieux, ou comportements de pica: lécher le plâtre, mâchouiller du carton, avaler des fils.
Un chat qui grignote des plantes ou vole compulsivement peut chercher des fibres ou des micronutriments absents de sa ration.
Signaux « rouges » à ne pas ignorer
Certaines carences chez le chat, carnivore strict, virent vite au sérieux. La taurine soutient la vision et le coeur; la thiamine (vitamine B1) sert le cerveau; les oméga-3 nourrissent peau et neurones.
- Baisse de vision nocturne, hésitations dans la pénombre.
- Incoordination, démarche « ivre », sursauts, voire convulsions (pensez à la thiamine).
- Gencives fragiles, infections plus fréquentes, cicatrisation lente.
Ces signes imposent une consultation rapide: le temps compte quand les nerfs et la rétine parlent.
D’où viennent les carences?
La bonne volonté ne suffit pas. Les pièges sont connus.
- Rations maison non équilibrées: la viande seule ne couvre pas les besoins en micronutriments.
- Aliments « complémentaires » (sachets, barquettes) donnés comme unique ration: ils ne sont pas formulés pour ça.
- Monodiètes au poisson cru: certaines espèces contiennent une enzyme qui détruit la thiamine.
- Stockage prolongé ou sacs ouverts longtemps: certaines vitamines s’évaporent… discrètement.
Choisir un aliment complet pour chat conforme aux standards, puis ajuster la quantité à la condition physique, évite l’essentiel des carences.
Des rituels simples pour prévenir
Pas besoin de laboratoire à la maison. De petits gestes réguliers suffisent pour garder le cap.
- Pesez votre chat chaque mois et notez le résultat sur le frigo.
- Palpez: sentez-vous les côtes sous une fine couche? Parfait. Trop saillantes ou invisibles? On ajuste.
- Journal de litière: texture, fréquence, odeur. Trois cases et un coup d’oeil, c’est déjà précieux.
- Transition alimentaire en 7 jours, pas en 24 heures: l’intestin aime la diplomatie.
- Pour une ration ménagère, demandez une recette validée par un vétérinaire nutritionniste.
Ces habitudes disent l’essentiel avant que les problèmes ne s’installent.
En conclusion
Un chat parle par son poil, sa posture et sa litière. Si vous voyez un trio « pelage moins joli + énergie en berne + crottes bizarres », n’attendez pas. Revenez à une ration complète, pesez, observez, et consultez votre vétérinaire en cas de doute. Nourrir, c’est relier: le bon bol, au bon moment, et la complicité qui va avec.

